En l'an 2000, une violente guerre éclata entre les cinéastes, qui se plaignaient d'être maltraités, et les critiques. Je travaillais à cette époque tous les matins avec Philippe de Broca comme scénariste, et tous les après-midis au Nouvel Observateur, comme journaliste de cinéma. Spontanément, j'ai pris le parti des critiques, parce qu'en dépit de l'opinion répandue, nous passons beaucoup plus de temps à défendre les films qu'à les attaquer. Pourtant, le ressenti des cinéastes n'est pas toujours injuste. Méfiance à l'égard du succès, mépris pour le cinéma populaire, surestimation des films difficiles au détriment des films difficiles à faire, trop superbe ignorance des contraintes matérielles, tendance à la pensée unique : tels sont les défauts auxquels nous autres juges sommes tentés de succomber, et qui méritent ce qu'il faut bien appeler une autocritique des critiques.

224 pages (15 euros)