imgro20086947Oui, il y a 70 ans aujourd'hui, disparaissait Victor Boucher. Retour sur une figure notoire du théâtre et du cinéma français d'avant-guerre.

Victor Boucher est né à Rouen, le 24 août 1877, à Rouen. Après avoir entamé un travail d'aide-comptable et fait en parallèle ses premiers pas sur scène, il s’installe à Paris où il décroche un premier contrat dans un théâtre de boulevard. Précis, élégant, au comique s’appuyant sur les quiproquos, il obtient vite le succès et rentre dans la compagnie de Lucien Guitry. Mobilisé pendant la première guerre mondiale (il en reviendra décoré de la croix de guerre), il reprend, la paix revenue, son métier de comédien et devient en 1927 directeur du Théâtre de la Michodière... Après deux tournages sans lendemain au temps du muet, Victor Boucher revient au cinéma en  1930, avec un film de René Hervil "La Douceur d’aimer". En 1932, toujours sous la direction de René Hervil, Victor Boucher reprend, à l’écran, une pièce où il a triomphé pendant plusieurs années «Les Vignes du seigneur» d’après l’œuvre de Francis de Croisset et Robert de Flers. L'année suivante, il tourne "Le Sexe faible" (adaptation de la pièce de Edouard Bourdet, par Robert Siodmak) avec notamment Pierre Brasseur, Marguerite Moreno et Mireille Balin encore débutante.

220px-Sem_BoucherVictor Boucher qui approche de la soixantaine, va tourner alors une quinzaine de films, généralement tirés de pièces qu’il a lui-même créées à la scène. Il marque indubitablement de sa présence les films de l’époque. Et pourtant les rôles qu’il doit interpréter sont souvent ceux de personnages effacés face à de grandes personnalités. Il forme ainsi un duo contrasté avec Elvire Popesco dans «L’Amant de Madame Vidal» (1935) d' André Berthomieu et dans «L’Habit vert» (1936) de Roger Richebé. En 1939, le comédien retrouve l'actrice roumaine dans «Ils étaient neuf célibataires» où Sacha Guitry parle déjà de mariages blancs pour des étrangères voulant rester en France. Alors que Victor Boucher avait créé le rôle sur les planches, Claude Autant-Lara préfère embaucher Fernandel pour lui confier le rôle principal de «Fric Frac» face aux escrocs que sont Arletty et Michel Simon. Enfin juste avant l’invasion allemande, Victor Boucher est encore l’époux de «La Popesco» dans «Le Bois sacré» avec Gaby Morlay et Marcel Dalio. Pendant l’Occupation, il tourne un film de Marc Allégret «Parade en sept nuits» (1941) où un chien enfermé à la fourrière raconte ses aventures avec les humains, puis «Ce n’est pas moi» réalisé par Jacques de Baroncelli, avec Jean Tissier où un banquier et un artiste peintre échangent leur état-civil.
Le 21 février 1942 Victor Boucher décède d’une hémorragie cérébrale à Ville d’Avray en région parisienne.

D'après Caroline HANOTTE (cineartistes.com)