82784412_pQui mieux qu' Azadée pour reprendre le flambeau ? De sa mère disparue prématurément il y a six ans, elle a hérité de la fraîcheur et de la sensualité. La ressemblance est étonnante, troublante même, fixant le temps et ravivant bien des souvenirs...

Car n'oublions pas qu' Ici Paris, l'un des plus singuliers groupes engendrés par le rock francais, est né en 1979. Sous influence Dolls, Cramps et autres Revillos, entre glitter et twist, entre monstres et fusées lunaires, judicieusement démarqué de ses congénères d'alors, Ici Paris naviguera trop souvent à vue. Le groupe ne put ou ne sut tirer profit de son seul et unique album Allo le monde ici Paris (1982), météorite inspirée et culte (en l'occurrence le terme n'est pas galvaudé). La ravissante Anicée Alvina succéda alors à Marie Alcaraz, le temps de deux 45 tours, et puis plus rien.

Aussi la réformation, amorcée depuis quelques années, était inespérée et pour tout dire, on la craignait incongrue. A tort. Deux concerts, au printemps dernier (Gibus et Divan du Monde), ranimèrent la flamme. Cinq nouveaux titres, mitonnés par Shere Khan, rassurent les indécrottables. Et à Vert-le-Paris, samedi 12 janvier, dans un improbable contexte, qui était tout sauf rock, le groupe a joué le jeu. Couvée par les inamovibles et rassurants Shere Khan et Capitaine Mystère, Azadée a donc pris les choses en main. Elle a la grâce de sa mère, une indéniable présence, la voix qu'il faut, assez proche de celle de Marie Alcaraz. Lumineuse, elle confère au groupe ce qu'il y a de plus précieux : la sincérité et la spontanéité. Ici Paris est redevenu un groupe d'aujourd'hui.

Penser à revoir La Brune et moi (Philippe Puicouyoul) avec en bonus un entretien décalé avec Shere Khan et bien sûr Les 400 coups de Virginie, pour l'éternelle Anicée.